Yaoundé, 21 septembre 2026 - À l’occasion de la Journée internationale de la paix, le Pôle régional pour l'Afrique Centrale et de l'Ouest du Haut-Commissariat des Nations Unies aux Droits de l’Homme / Centre des Nations Unies pour les Droits de l’Homme et la Démocratie en Afrique centrale, a organisé un café thématique dans son Centre de documentation à Yaoundé.
Réunissant notamment des jeunes, des femmes, ainsi que des membres d’organisations non gouvernementales, la rencontre a offert un espace d’échange sur les liens entre droits de l’homme, participation à la vie publique, médiation, prévention des conflits et consolidation d’une paix durable.
La paix, bien au-delà de l’absence de conflit
La première intervention a permis de revenir sur la notion de paix et de la contextualiser au regard des réalités de l’Afrique centrale et de l’Afrique de l’Ouest, avec une attention particulière portée au Cameroun. Les échanges ont rappelé qu’une paix durable ne peut se réduire à l’absence de conflit armé. Elle repose également sur la sécurité, la justice sociale, l’égalité et le plein respect des droits de l’homme.
Cette conception élargie de la paix a permis d’introduire une réflexion sur les conditions nécessaires pour prévenir durablement les tensions et renforcer la cohésion au sein des sociétés.
Faire entendre sa voix pour mieux prévenir les conflits
La participation à la vie publique a constitué le deuxième axe majeur de la rencontre : peut-on véritablement parler de paix lorsque certaines personnes n’ont pas la possibilité de faire entendre leur voix ou de participer aux décisions qui les concernent ?
Les discussions ont souligné que la participation à la vie publique va au-delà du seul exercice du droit de vote. Elle comprend notamment la possibilité de prendre part à la conduite des affaires publiques et aux processus de décision, l’égalité d’accès aux fonctions publiques, ainsi que l’exercice des libertés d’expression, d’association et de réunion pacifique.
Cinq dimensions essentielles ont particulièrement nourri les échanges : l’inclusion, la liberté, l’égalité, la représentation et le dialogue.
Le cadre juridique international, africain et national relatif à ces droits a également été abordé, de même que la nécessité de lutter contre l’exclusion sociale et de favoriser une gestion constructive des désaccords.
La médiation, une passerelle vers une paix durable
Un troisième temps d’échange a porté sur la médiation et son rôle dans la consolidation de la paix. Les participants ont été invités à examiner la manière dont la médiation peut créer une passerelle entre la prévention des conflits, la protection des droits de l’homme et la consolidation d’une paix durable.
Au-delà du rétablissement du dialogue et de la recherche d’un accord entre les parties, les discussions ont montré l’importance de prendre en compte les facteurs susceptibles d’alimenter les conflits, notamment les tensions, les griefs, les injustices et leurs causes profondes.
Plusieurs principes favorisant une médiation efficace ont été mis en avant, parmi lesquels le consentement, l’impartialité, l’inclusivité et l’appropriation du processus.
Les échanges ont également porté sur les difficultés auxquelles les processus de médiation peuvent être confrontés, notamment les rapports de force entre acteurs, le refus du dialogue, la durée des processus et les défis liés à la mise en œuvre des accords.
Multiplier les espaces de dialogue
La session s’est achevée par des échanges ouverts sur plusieurs enjeux actuels liés à la paix. Les participants ont salué la tenue de cet espace d’échange et exprimé le souhait de voir se multiplier des initiatives similaires, permettant aux citoyens de partager leurs préoccupations et de contribuer au dialogue sur les questions relatives à la paix.
À travers ce café thématique, un message essentiel s’est dégagé : la construction d’une paix durable est indissociable de la participation, de l’inclusion, du dialogue, de la médiation et du respect des droits de l’homme.